Note 103 — QUATRIÈME PARTIE.
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Cambacérès était un homme d'esprit, d'un esprit agréable même, et racontant avec une finesse toujours amusante: c'était un homme du bon temps enfin. Il avait toujours vu la bonne compagnie; s'il en avait fréquenté de mauvaise, elle ne l'avait pas gâté, et je l'ai toujours vu le même, soit qu'il fût avocat consultant, et pas trop riche, car il était honnête homme, allant dîner chez M. de Montferrier, son cousin; soit qu'il fût second Consul, tout occupé des soins de donner une législation à un peuple qui en avait besoin; soit qu'il fût enfin archi-chancelier de l'Empire, et l'un des grands dignitaires entourant ce trône plus grand que celui de Charlemagne[103]. Il était toujours sérieux, faisant une grimace au lieu de sourire, et n'aimant pas le monde, quoiqu'il y fût très-bien et qu'on l'y désirât; mais sa figure, naturellement l'antipode d'une joie franche et rieuse, comme celle de notre gai pays de Languedoc, lui donnait aussi la crainte, je crois, d'être un repoussoir pour une franche gaieté. Cependant il racontait souvent des histoires fort crues, et alors c'était avec un sourire qui déplaçait à peine ses lèvres; mais on voyait qu'il y avait une pensée intérieure au-delà de celle exprimée par la parole, et en tout, pour qui voulait connaître Cambacérès, sa physionomie était un miroir assez fidèle pour guider dans cette étude.