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Histoire des salons de Paris (Tome 5/6)

Note 41 — DEUXIÈME PARTIE.

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Foncier[41], le bijoutier à la mode de l'époque de mon mariage, avait la clientèle non-seulement de l'Empereur, mais aussi de Joséphine. On ne portait pas une chaîne, un bijou, quel qu'il fût, qui ne sortît de la boutique de Foncier... Il avait en outre de très-belles choses que madame Bonaparte lui achetait fort souvent. Un jour il lui apporte des perles tellement belles, que voilà la pauvre Joséphine dans le plus cruel état. Ces perles lui tournaient la tête; mais le moyen d'aller parler perles à Bonaparte!... Il aurait répondu comme Louis XVI: J'aime mieux un vaisseau. Avec l'argent des perles, l'Empereur aurait eu un bataillon de 500 hommes; les perles coûtaient 500,000 fr.—Joséphine n'osa donc rien dire de ces perles si désirées; mais elle ne crut pas devoir être aussi discrète avec Bourrienne; Bourrienne, homme vénal, et qui reçut son congé pour des motifs graves, comme le savent ceux qui approchaient alors des Tuileries. Eh bien! il arrangea l'affaire. On fit je ne sais quel arrangement pour que Berthier fît payer à la guerre un fripon qui n'aurait été payé que dans dix ans, à cent pour cent de perte, et qui le fut intégralement tout de suite; aussi, en reconnaissance, il donna un million: ce million fut partagé je ne sais comment. Ce que je sais, c'est que le collier passa des magasins de Foncier dans l'écrin de Joséphine. Mais ce n'était rien de l'y avoir fait venir; il fallait le pouvoir porter; et cela était difficile avec Napoléon, dont la mémoire était terrible de lucidité pour ces sortes de choses.

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