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Histoire des salons de Paris (Tome 4/6)

Note 61 — Au Public, LE LIBRAIRE-ÉDITEUR.

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Mais la santé de madame de Montesson s'altéra au point que Hallé, que je voyais souvent, et qui à cette époque était mon médecin, me dit qu'elle était fort mal. On lui fit quitter Romainville et elle revint à Paris, mais dans un état désespéré. Madame de Genlis eut alors une conduite admirable et à laquelle il faut rendre justice. Madame de Montesson était riche; elle avait même une immense fortune, et elle laissait sa nièce travailler la nuit pour gagner sa subsistance. Peut-être avait-elle pour se conduire ainsi des motifs que j'ignore[61], cela se peut;—je le veux croire même pour l'excuser... mais madame de Genlis ne devait pas moins en ressentir la blessure. Aussitôt qu'elle apprit le danger de madame de Montesson, elle laissa un ouvrage pour lequel elle avait un dédit assez fort si elle ne le livrait pas pour un jour fixé, et elle consacra ses journées entières à sa tante, partant de l'Arsenal, où elle logeait alors, pour aller chez la malade dans la Chaussée-d'Antin, à dix heures du matin, pour n'en revenir qu'à dix heures du soir!... Pendant ses journées de souffrance, madame de Montesson avait constamment sa tête, et comme ses douleurs n'étaient pas fort aiguës, madame de Genlis lui faisait la lecture pendant quatre et cinq heures... Le jour de sa mort, sentant sa fin approcher, elle demanda elle-même les sacrements... sa nièce les lui vit recevoir et pria avec le clergé... À peine les prêtres étaient-ils partis, que l'agonie commença... Cachée derrière le rideau du lit de la mourante, madame de Genlis priait tout bas et sans qu'elle pût entendre les prières des agonisants que sa nièce disait pour elle!... Aussitôt qu'elle fut expirée, madame de Genlis, fort émue et toute en pleurs, tira le rideau, et, tombant à genoux près du corps de cette parente à un degré si intime qui avait oublié au moment extrême qu'elle laissait la fille de sa sœur dans un état malheureux, elle pria longtemps pour elle... puis, se relevant, elle lui ferma les yeux; alluma deux cierges qu'elle mit auprès de son lit, et fit chercher à Saint-Roch, paroisse de madame de Montesson, un prêtre, qu'elle établit dans la chambre mortuaire pour dire les prières des morts auprès du corps.

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