Note 100 — Au Public, LE LIBRAIRE-ÉDITEUR. (continued 2)
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Ce fut dans ce bal que l'Empereur fut frappé à la vue d'une jeune enfant d'une beauté d'ange: sa fraîcheur surtout était éblouissante; elle pouvait avoir douze ans. Elle portait une robe de crêpe rose, et ses beaux cheveux blonds bouclés autour de son cou et de son visage n'avaient aucun bijou, aucune fleur.—Son regard, en harmonie avec son angélique figure, avait seulement une rapidité qui d'abord étonnait, mais dans lequel on retrouvait ensuite toute la candeur et la pureté de sa physionomie... elle était sur la banquette des danseuses. L'Empereur s'arrêta devant elle et lui parla; à côté d'elle était sa mère, encore jeune et fort belle aussi. Elle répondit pour sa fille... l'infortunée était sourde et muette!... Madame Robert, sa mère, était femme d'un architecte, et l'une des plus estimables personnes qui fussent assurément dans toute la fête; elle était dame d'inspection d'arrondissement[100]. Je dis quelques mots à l'Impératrice sur madame Robert, à laquelle elle parla avec une extrême bonté. Madame Robert avait dans sa vie plusieurs circonstances assez singulières et qui mériteraient d'être citées, entre autres celle de mettre alternativement au monde un enfant sourd-muet et un enfant pouvant entendre et parler. Elle avait alors un petit garçon de cinq ou six ans, sourd-muet comme sa sœur, et plus jeune qu'elle. L'Empereur fut très-frappé de cette rencontre, mais il savait très-bien que mademoiselle Robert était sourde et muette. Il n'est pas vrai, comme je l'ai vu je ne sais plus où, qu'il lui parla et s'éloigna d'elle sans savoir qu'elle fût sourde-muette.