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Histoire des salons de Paris (Tome 4/6)

Note 92 — Au Public, LE LIBRAIRE-ÉDITEUR. (continued 2)

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D'autres hommes fort spirituels aussi, qui contribuaient à embellir les soirées de madame de Genlis, étaient M. Després; M. Alexandre de Laborde, si bon, si parfait et si amusant avec ses distractions, même dans son Itinéraire; et Millin, meilleur ami que parfait antiquaire, malgré ses ouvrages sans nombre sur la numismatique. Elle voyait encore des hommes du monde, mais aussi lettrés que des littérateurs de profession: c'étaient M. le comte de Ségur, M. Carrion-de-Nisas, M. d'Estourmel, M. de Choiseul-Gouffier, spirituel dans sa causerie, si intéressant dans ses révélations des mystères du sérail, soit qu'il parlât des kiosques des sultanes entourés d'esclaves noirs[92], du chant plaintif et simple qui s'entendait au travers des rideaux flottants d'or et de soie, ou bien qu'il vous fît entrer avec lui dans les sombres détours de la politique ottomane à cette époque, où, jouissant encore d'un reste de pouvoir, elle dénouait avec le mensonge ce qu'elle ne pouvait trancher avec le poignard ou endormir avec le poison. Que j'ai passé de doux moments à écouter M. de Choiseul!... aucune conversation, excepté la sienne et celle, avant tout, de M. de Narbonne et de M. de Talleyrand[93], ne rappelait autant la bonne compagnie française, comme nous en avions la tradition, nous autres jeunes femmes à l'époque dont je parle ici, nous qui avions pu voir et entendre une foule d'hommes de bon goût et de bonnes manières, dernier reste de la cour de Louis XV. M. de Choiseul contait surtout avec une grâce admirable.

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