Note 84 — Au Public, LE LIBRAIRE-ÉDITEUR. (continued 2)
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Le moment le plus brillant pour le salon de madame de Genlis fut pendant son séjour à l'Arsenal. Elle voyait alors une foule d'hommes spirituels et de femmes remarquables, qui contribuaient tous à l'agrément de ses soirées: les uns jouaient des proverbes, les autres les composaient; on faisait de la musique, et alors Casimir jouait de la harpe. Dans d'autres soirées, un auteur estimé, comme Millevoye[84], disait une pièce de vers, à laquelle sa diction touchante, sa figure si parfaitement en accord avec ses vers et sa mélancolique nature, qui n'était, hélas! qu'un instinct d'avenir, donnaient un charme encore plus profond. Une autre fois, Dussault venait lire un feuilleton inédit du Journal de Paris, écrit avec tout son talent. Le lendemain, M. le comte de Sabran[85] disait plusieurs de ses fables; ses fables, dont quelques-unes peuvent rivaliser avec celles du grand fabuliste. M. de Sabran dit également d'une manière admirable non-seulement les vers qu'il fait, mais ceux de nos grands maîtres: il dit Molière et Racine à ravir. Venait ensuite, pour apporter son tribut à la ruche, M. Briffaut, très-jeune alors, mais qui montrait déjà un talent remarquable. M. de Cabre[86], ami fort intime de madame de Genlis, était un homme fort instruit, et cependant fort aimable dans l'acception positive de ce mot. Il contait bien, et faisait parfois de jolis vers. En voici qu'il composa étant jeune encore, mais abbé, pour répondre à la demande de faire le portrait d'une femme belle et charmante. Ce fut un impromptu: