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Histoire des salons de Paris (Tome 3/6)

Note 9 — SALON DE ROBESPIERRE.

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Ce fut à cette époque que Camille Desmoulins rencontra dans le monde une jeune fille ravissante de beauté, dont l'esprit et les talents reçurent un nouveau charme à ses yeux lorsqu'il apprit qu'elle partageait toutes les opinions les plus exagérées de ce moment (1791). Cette jeune personne avait vingt ans; elle était fille de M. Duplessis-Laridon[9], ancien premier commis des finances. Sa mère, l'une des plus belles et des plus spirituelles personnes de son temps, avait élevé sa fille unique avec cet amour de mère qui nous fait jouir dans cette image de nous-même, qui se reproduit chaque jour. En voyant Camille Desmoulins, en l'écoutant surtout lorsque sa voix appelait au culte de l'auguste et sainte liberté, mademoiselle Laridon l'aima de tout l'amour qu'elle avait dans l'âme. Elle était jeune, belle et riche; ce mariage était un bonheur d'autant plus grand pour Camille Desmoulins, qu'il trouvait en même temps une âme noble et grande pour comprendre la sienne: car bien qu'il n'eût pas le jugement aussi profond que plusieurs de ses confrères, il était grand et presque toujours digne d'estime dans ce qu'il appelait ses principes révolutionnaires. Camille, encouragé par elle, la demanda, et l'obtint. Il fut marié par l'abbé Benadier, ancien principal du collége Louis-le-Grand, et les deux témoins de Camille Desmoulins furent deux de ses anciens condisciples, Saint-Just et Robespierre... ceux-là même qui plus tard devaient être ses assassins...

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