Note 113 — SALON DE MADAME DE STAËL SOUS LE DIRECTOIRE.
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Non; je ne vis que mes gardes et mes geôliers. Catherine, plus sévère que son fils, empêchait toute communication avec le dehors; pendant notre captivité, nous n'avons vu personne, et nous n'avions pour distraction que les souvenirs d'Ivan... Lorsque ma liberté me fut rendue, on me jeta dans une barque[113], et l'on me conduisit à Pétersbourg; là, un aide-de-camp de l'Empereur vint me trouver, et me dit que Sa Majesté voulait me voir... Je le suivis... Que pouvais-je faire? je n'étais pas leur esclave; mais j'étais leur prisonnier!... Je trouvai l'Empereur seul, dans son cabinet; il était revêtu d'un uniforme sans aucune broderie d'or ou d'argent, et la plus grande austérité régnait autour de lui. En me voyant, il fit un mouvement que j'ai compris être de pitié: ce fut sans doute de voir un homme si maigre et si pâle. S'imaginait-il donc qu'on pût vivre dans l'horrible cloaque où ils m'avaient jeté!... Et mes compagnons!... trois sont morts dans cet humide tombeau...