Note 81 — SALON DE FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU.
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Le vicomte de Barras était d'une noble et antique famille de Provence[81]. Jeté dans la Révolution par son mécontentement contre les hommes qui, à son niveau, voulaient le repousser loin d'eux comme ils avaient fait de Mirabeau, il suivit le torrent tout en déplorant chaque jour son malheur de s'y abandonner. Jeune et beau, noble et brave, il quitta de bonne heure l'Europe pour se rendre à l'île de France auprès de son oncle, qui en était gouverneur. Officier dans le régiment de Pondichéry, il revint en France, où il trouva une grande fortune dont il jouit avec excès. En 89, lorsque les États-Généraux furent convoqués, il se présenta d'abord à l'assemblée du tiers; son frère était à celle de la noblesse. À dater de ce jour, la route qu'il suivit fut celle de la plus violente démagogie. Nommé député du Var à la Convention, il vota la mort du Roi, se mit contre la Gironde avec la Montagne, puis s'en alla à l'armée de Toulon avec Fréron, Gasparin et Salicetti. C'est là qu'il connut le général Bonaparte, et non pas, plus tard, par le moyen de madame de Beauharnais; la preuve en est, d'ailleurs, dans le choix que Barras fit de Bonaparte pour le suppléer, lorsqu'il fut nommé par la Convention, le 13 vendémiaire, pour la défendre contre les sections; Bonaparte ignorait ce jour-là encore l'existence de madame de Beauharnais.