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Histoire des salons de Paris (Tome 3/6)

Note 75 — SALON DE FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU.

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Mais, en revenant à la vie, la France prit une autre physionomie et presque un autre caractère. L'argent, qui déjà, au moment de la Révolution, commençait à montrer son orgueil sous la forme insolente des gens de la haute finance, reprit son ascendant sous celle un peu moins agréable des fournisseurs et des agioteurs. Le Perron du Palais-Royal, rendez-vous des joueurs sur les mandats et sur tous les papiers-monnaies qu'on aurait osé émettre, le Perron fut le lieu d'où sortirent une quantité de fortunes que nous admirons et respectons presque autant aujourd'hui que si elles venaient des Montmorency ou des La Trémouille[75]. C'est là que le maître de piano de la Reine et de tout ce qui était grand dans le monde élégant fit une fortune qui étonna moins qu'un poëme vraiment de lui, dit-on, qu'il a fait en quarante-huit ou soixante chants, sur je ne sais plus quel sujet, ni lui non plus, je crois. La rapidité avec laquelle on s'enrichissait était fabuleuse. Vous aviez un valet de chambre: il vous demandait son compte; et trois mois après vous voyiez arriver chez vous le même valet de chambre, mais qui venait dans un beau cabriolet, ayant de beaux chevaux, entretenant une demoiselle de l'Opéra, et venant, malgré ou plutôt à cause de tout cela, vous demander votre fille en mariage, si elle était riche et jolie. Ces mœurs ne sont pas exagérées: elles sont la peinture de celles de la société à cette époque.

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