Note 84 — SALON DE FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU.
Reading edition
M. François (car, enfin, il faut nommer chacun par son nom, et cet homme s'appelait François) était donc un homme ordinaire, selon les uns, et de beaucoup d'esprit, selon les autres. Par ces autres, j'entends les habitants d'une petite ville où l'Almanach des Muses était le livre le plus parfait, et le but de l'ambition des jeunes poëtes de la province; aussi M. François, qui fut assez heureux ou malheureux pour être accueilli à l'Almanach des Muses[84], y fit insérer des poésies légères. Voltaire, qui répondait à tout le monde, lorsqu'on lui écrivait des louanges bien enflées et bien exagérées, répondit à M. François qu'il serait un jour le Tibulle, l'Anacréon de Neufchâteau; et cette alliance, que présageait le grand poëte par ces paroles, détermina M. François à joindre à son nom propre le nom de la ville où il avait été élevé[85]...