Note 31 — BAL DES VICTIMES. (JANVIER 1795.)
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Je ne sais pas si l'on connaît l'origine de mademoiselle Contat. Elle s'appelait Louise Perrin, et sa mère était blanchisseuse établie dans le faubourg Saint-Germain. Cette femme blanchissait madame Préville et madame Molé (l'auteur de Misanthropie et Repentir). En la voyant si jolie, en examinant ses yeux, cette bouche de rose, ces dents perlées, ce nez si mignon et si spirituel, des mains aux doigts effilés, malgré son état rude et grossier; quand ces deux femmes, dont l'une habile et plus qu'habile même dans son art, démêlèrent tout l'avenir de mademoiselle Contat dans un de ses sourires, elles décidèrent que la petite Louise serait une grande actrice, et certes leur prédiction s'est grandement réalisée... Quelle destinée théâtrale! comme elle était adorée du public...! Mais aussi quelle verve! quelle finesse! Qui a jamais joué Suzanne comme mademoiselle Contat (et non pas Contat[31], comme il y a des hommes qui ont le mauvais goût de parler encore aujourd'hui)?... Il y a des rôles surtout où le souvenir de mademoiselle Contat suffit pour me guider encore aujourd'hui, tant l'impression qu'elle me produisit fut profonde.