Note 5 — SALON DE MADAME ROLAND.
Reading edition
J'ai déjà dit quelle douleur la frappa à la mort de sa mère!... Elle en fut si malheureuse que le détail ne peut se lire, dans ce que Champagneux a recueilli d'elle, sans qu'on pleure soi-même à la vue d'un désespoir filial si profond et si vrai[5]... Elle fut longtemps même, après ce premier paroxysme de la douleur, triste et malheureuse. Elle s'était formé une société qui avait pour elle tout le charme d'une réunion savante et douce tout à la fois: un nommé Sainte-Lette, homme littéraire dont elle aimait le talent, un vieillard de Pondichéry, M. Dumontchery et plusieurs autres littérateurs qui venaient auprès d'elle prendre des conseils et recevoir des avis. Mademoiselle Marie Phlipon était alors dans l'éclat de la jeunesse et d'une beauté toute gracieuse, que rendaient encore plus agréable un commerce sûr, facile, et des relations tout-à-fait en dehors de la position où la plaçait la fortune de son père, non parce qu'elle en sortait par orgueil, mais parce que sa supériorité l'enlevait à cette position et la plaçait dans une sphère toute supérieure comme elle-même.