Note 136 — SALON DE MADAME DE STAËL[128], AMBASSADRICE DE SUÈDE.
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Madame de Staël forma sa société, non-seulement à l'époque de son mariage, mais dans les années qui suivirent, et qui furent pour elle une mine où elle put choisir les esprits qui lui convenaient; le comte Louis de Narbonne fut distingué par elle comme l'esprit le plus charmant de cette époque où il fallait en même temps prouver qu'on avait de l'esprit, de la loyauté dans les relations, de la fidélité dans le commerce de la vie, et cette sûreté dont on ne s'occupait même pas attendu qu'elle était obligatoire. M. de Narbonne remplissait à ravir toutes les conditions voulues par le monde d'alors; sa grâce légère et tout aimable avait fait dire de lui qu'il était léger en tout. Cela n'est pas vrai: il avait du cœur, et une âme profondément aimante pour ceux qu'il aimait; son affection n'avait rien de banal. Madame de Staël a eu à s'en plaindre, m'a-t-on dit; cela m'étonne beaucoup, car M. de Narbonne, je le répète, avait une âme élevée et un cœur dévoué: que ne fait-on pas avec de telles qualités[136]?