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Histoire des salons de Paris (Tome 1/6)

Note 134 — SALON DE Mgr DE BEAUMONT, ARCHEVÊQUE DE PARIS.

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Le parti des évêques politiques, connus sous le nom de prélats administrateurs, avouait hautement sa partialité en faveur de M. Turgot et de M. de Malesherbes. Ce parti était composé d'hommes très-forts. C'était d'abord M. de Dillon, archevêque de Narbonne, président-né des États du Languedoc, homme de génie et d'un esprit d'une vaste capacité, mais paresseux et de cette nonchalance coupable qui n'est pas excusable lorsque l'esprit montre qu'il peut être actif pour le plaisir. L'archevêque de Narbonne a fait du bien cependant à son diocèse[134], mais il ne s'occupait que de ses plaisirs, chassait une partie de l'année, et ressemblait au Damp abbé de Petit Jehan de Saintré. Je ne sais pas s'il avait des rendez-vous avec une dame des Belles-Cousines, mais je sais que l'archevêque faisait un chamaillis de désespéré dans ses bois. Pendant qu'il menait ainsi joyeuse vie, il s'avisa un jour de trouver mauvais que les curés prissent la même distraction que lui: il défendit la chasse à ses curés dans un mandement très-sévère. Un jeune curé, qui rencontrait tous les jours son archevêque sonnant tayaut, ne fit que rire du mandement, et continua sa chasse; il fut pris en faute par un garde de l'archevêque. Monseigneur fit suspendre le curé, qui fut sévèrement réprimandé, et pour punition envoyé dans la Haute-Provence, dans un village presque perdu au milieu d'un pays désert.

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