Note 68 — SALON DE MADAME NECKER. 1787.
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Lorsque madame de Genlis fut partie, les femmes qui composaient ce soir-là la société de madame Necker firent entendre un chœur de paroles qui, pour être cependant dites avec tout le bon goût possible, n'en atteignaient pas moins le but, et ce but était madame de Genlis. Elle n'était pas aimée depuis quelques années, et c'était elle-même qui avait aigri le monde contre elle, par sa suffisance, son ton aigre-doux dans le monde et sa conduite envers la Reine. À cette époque, comme toujours, une femme influente dans le monde par son esprit, sa figure ou sa fortune, savait bien nuire à n'importe qui[68], et madame de Genlis, parlant presque toujours au nom du duc de Chartres, était écoutée, bien qu'on ne l'aimât pas. Aussi était-elle dans une grande disgrâce auprès de madame de Châlons[69], jeune et charmante personne, cousine de madame la duchesse de Polignac; auprès de madame de Brionne, parente de la Reine; de la princesse de Beauvau, qui, en sa qualité de dame du palais, aimait la Reine comme toutes les personnes qui l'approchaient... Madame de Blot et madame de Barbantane étaient bien du Palais-Royal, ce qui leur donnait l'ordre d'être mal pour la Reine; mais leur aversion pour madame de Genlis les mettait en harmonie avec les autres femmes. Ce fut en vain que madame Necker voulut prendre la défense de l'absente, le déchaînement était trop fort. Madame de Staël vint au secours d'ailleurs de madame de Blot, qui en ce moment expliquait à lord Stormont, qui arrivait, comment il les trouvait si animées, ajoutant que madame de Genlis avait avoué qu'elle n'avait pas même été émue pendant son voyage à Ferney: