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Histoire des salons de Paris (Tome 1/6)

Note 25 — INTRODUCTION.

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—Le Roi m'aime trop pour que je puisse craindre,» dit M. de Pezay d'un ton dédaigneux... et il partit. Ce voyage ne lui avait été conseillé, en effet, que par des ennemis... Il se conduisit dans cette tournée comme on l'avait espéré, c'est-à-dire avec un manque absolu de tact et de convenances. Il y avait sur son chemin de vieux officiers qu'il traita fort mal et avec l'insolence d'un favori parvenu. Mais si le naturel des rois est oublieux, celui de M. de Pezay était présomptueux; les plaintes arrivèrent en foule à Versailles. Le Roi, ne voyant pas l'accusé, crut à tout ce qu'on lui disait; on fit intervenir un homme qui déclara que le nom du Roi était gravement compromis par M. de Pezay, et le résultat de cette belle amitié royale fut d'envoyer un courrier à M. de Pezay pour lui commander de rester à Pezay, lieu dont il avait pris le nom[25]... Ce courrier lui fut envoyé par M. de Sartines... Le malheureux jeune homme, frappé de frayeur à la réception de ce courrier, qui avait ordre, en véritable envoyé d'un lieutenant de police, de remplir une double mission et de dire tout haut, devant les gens de M. de Pezay, que le marquis serait enfermé à la Bastille pour crime d'état s'il retournait à Paris... le malheureux, effrayé, jusqu'à la terreur, de ces nouvelles, ne réfléchit pas que, n'étant pas coupable, il n'avait rien à redouter avec Louis XVI, qui était juste et bon... Il fut saisi tout-à-coup d'un frisson qui devait être mortel... Quelques heures après, comme il était assoupi et accablé par la fièvre, un bruit de chevaux le réveille... C'est un courrier de M. Necker... Le malade se soulève... il ne souffre plus... C'est un courrier de M. Necker, de son meilleur ami!... c'est son rappel!... Le courrier entre dans sa chambre, lui remet une lettre qui n'est pas de l'écriture de M. Necker... Le marquis ouvre d'une main tremblante et retombe accablé sur son lit! M. Necker lui demandait avec instance de lui renvoyer ou de brûler à l'instant même tout ce qu'il avait à lui en papiers, même insignifiants!... Deux heures après, un autre courrier entrait dans la cour du château... C'était un envoyé de M. de Sartines qui venait, par ordre du Roi, pour emporter les papiers de la correspondance de M. de Pezay avec le Roi!...

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