Note 11 — LETTRE PREMIERE.
Reading edition
A-t-on vû quelquefois dans les plaines d’Afrique, Déchirant à l’envi leur propre république, Lions contre Lions, parents contre parens, Combattre follement pour le choix des tyrans ? L’animal le plus fier qu’enfante la Nature Dans un autre animal respecte sa figure, De sa rage avec lui modére les accès, Vit sans bruit, sans débat, sans noize, sans procès.
Boileau, Satyre de l’homme.
M. Despreaux avoit copié Horace, Juvenal & Pline.
Neque hic lupis mos, nec fuit leonibus : Unquam nisi in dispar feris.
Horat. Epod. 7.
Sed jam serpentum major concordia : parcit Cognatis maculis similis fera ; quando leoni Fortior eripuit vitam leo ? Quo nemore unquam Expiravit aper majoris dentibus apri ? Indica tigris agit rabida cum tigride pacem Perpetuam, sævis inter se convenit ursis. Ast homini, &c.
Juvenal. Sat. 15. v. 150.
Denique cætera animantia in suo genere probè degunt congregari videmus, & stare contra dissimilia : leonum feritas inter se non dimicat, serpentium morsus non petit serpentes, nec maris quidem belluæ ac pisces nisi in diversa genera sæviunt : at Hercules ! Homini plurima ex homine sunt mala.
Plin. Liv, 7.
Aujourd’hui les animaux sont bien changés. O tempora ! O mores ! Les loups dans nos forêts se déchirent ; les chiens dans les ruës s’étranglent ; les bœufs, les chevaux, les moutons même se tuent, & il n’est pas jusqu’aux timides colombes qui ne se battent ; enfin nous ne voyons point d’animaux sur la terre, dans l’eau, ou dans l’air, qui, pour l’amour, la faim, ou quelques autres intérêts ne se fassent la guerre comme les hommes.