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Histoire de Napoléon et de la Grande-Armée pendant l'année 1812. Tome I

Note 1 — CHAPITRE II.

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En 1808, plusieurs hommes de lettres de Kœnigsberg, affligés des maux qui désolaient leur patrie, s'en prirent à la corruption générale des mœurs; elle avait, selon ces philosophes, étouffé le véritable patriotisme dans les citoyens, la discipline dans l'armée, le courage dans le peuple. Les hommes de bien devaient donc se réunir pour régénérer la nation par l'exemple de tous les sacrifices. En conséquence ceux-ci formèrent une association qui prit le nom d'Union morale et scientifique. Le gouvernement l'approuva, en lui interdisant toutefois, la politique. Cette résolution, toute noble qu'elle était, se serait peut-être perdue, comme tant d'autres, dans le vague de la métaphysique allemande; mais, vers le même temps, le prince Guillaume, dépossédé du duché de Brunswick, s'était retiré dans, sa principauté d'Oels en Silésie: on dit que du sein de ce refuge, il aperçut les premiers progrès de l'union morale dans la nation prussienne. Il s'y affilia et, le cœur tout rempli de haine et de vengeance, il conçut l'idée d'une autre ligue: elle devait se composer d'hommes déterminés à renverser la confédération du Rhin et à chasser les Français du sol de la Germanie. Cette union, dont le but était plus réel et plus positif que celui de la première, l'attira tout entière dans son sein, et de ces deux associations se forma celle des amis de la vertu.

Déjà, vers le 31 mai 1809, trois entreprises, celles de Katt, Doernberg et de Schill, avaient signalé son existence. Celle du duc Guillaume commença le 14 mai. Les Autrichiens la soutinrent d'abord. Après des fortunes diverses, ce chef abandonné à lui-même au milieu de l'Europe soumise, et seul avec deux mille hommes contre toute la puissance de Napoléon, ne céda pas; il lui tint tête: il se jeta sur la Saxe et sur le Hanovre; mais, n'ayant pu les soulever, il se fit jour à travers plusieurs corps français qu'il battit, joignit la mer à Elsflet, et s'échappa du continent sur des vaisseaux anglais qui l'attendaient là pour recueillir sa haine et la gloire qu'il venait d'acquérir.

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