← Table of contents
Histoire de ma jeunesse

Note 2 — INTRODUCTION

Reading edition

Méchain, membre de l’Académie des sciences et de l’Institut, fut chargé en 1792 d’aller prolonger la mesure de la méridienne en Espagne, jusqu’à Barcelone. Pendant ses opérations dans les Pyrénées, en 1794, il avait connu mon père qui était un des administrateurs du département des Pyrénées-Orientales. Plus tard, en 1803, lorsqu’il s’agissait de continuer la mesure de la méridienne jusqu’aux îles Baléares, M. Méchain passa de nouveau à Perpignan et vint rendre visite à mon père. Comme j’allais partir pour subir l’examen d’admission à l’École polytechnique, mon père se hasarda à lui demander s’il ne pourrait pas me recommander à M. Monge. « Volontiers, répondit-il ; mais, avec la franchise qui me caractérise, je ne dois pas vous laisser ignorer que, livré à lui-même, il me paraît peu probable que votre fils se soit rendu complétement maître des matières dont se compose le programme. Au reste, s’il est reçu, qu’il se destine à l’artillerie ou au génie, la carrière des sciences, dont vous m’avez parlé, est vraiment trop difficile à parcourir, et à moins d’une vocation spéciale, votre fils n’y trouverait que des déceptions. » En anticipant un peu sur l’ordre des dates, rapprochons ces conseils de ce qu’il avint. J’allai à Toulouse, je subis l’examen et je fus reçu ; une année et demie après, je remplissais à l’Observatoire la place de secrétaire, devenue vacante par la démission du fils de M. Méchain ; une année et demie plus tard, c’est-à-dire quatre ans après l’horoscope de Perpignan, je remplaçais en Espagne, avec M. Biot, le célèbre académicien qui y était mort victime de ses fatigues.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings