Note 96 — DE LA VIE ET DE L'ADMINISTRATION DE COLBERT.
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Un savant très-distingué, l'abbé Le Laboureur, s'est aussi rangé à l'opinion des contemporains au sujet de l'origine toute plébéienne de J.-B. Colbert, en lui appliquant ces vers de Fortunat à la louange de Covido, que son mérite avait élevé au ministère sous les rois Théodebert et Clotaire.
Mens generosa tibi pretioso lumine fulget, Quæ meritis propriis amplificavit avos. Nam si præfertur generis qui servat honorem, Quanto laus magis est nobilitare genus. A parvo existens, existis semper in altum, Perque gradus omnes culmina summa tenes.
L'abbé Le Laboureur est mort en 1675. Il fut d'abord gentilhomme, ensuite aumônier de Louis XIV, et on le voit inscrit pour 1500 livres sur la liste des pensions données aux gens de lettres par Colbert. Son opinion a donc le plus grand poids dans la question.—Enfin, voici ce qu'on lit dans les Soupirs de la France esclave qui aspire après sa liberté, pamphlet contemporain dont il sera question plus loin: «On n'admet au gouvernement que des gens propres à faire des esclaves, des hommes d'une naissance au-dessous de la médiocre; tel est un monsieur Louvoy, petit-fils d'un bourgeois de Paris, en son temps occupant une charge de judicature au Chastelet; tel est un monsieur Colbert, fils d'un marchand de Reims.»