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Histoire de la République de Venise (Vol. 1)

Note 108 — LIVRE II.

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Guerre contre les Normands, qui sont battus. 1083. Les Vénitiens ne pouvaient voir sans inquiétude ce peuple belliqueux établi dans la Sicile, dans la Pouille, dans la Calabre, et sur-tout ils ne devaient pas souffrir que, par la conquête de Durazzo, ils devinssent les voisins des Dalmates, dont les dispositions à la révolte venaient de se manifester. L'empereur grec ayant sollicité le secours de la république, le doge se mit lui-même à la tête de la flotte destinée à débloquer Durazzo, attaqua l'armée navale des Normands, la battit complètement, l'obligea de rentrer dans ses ports, et pour cette fois sauva la place[108]. Mais Robert Guiscard, roi des Normands, reparut devant Durazzo avec une nouvelle flotte. La flotte vénitienne détruite l'année suivante. 1084. Le doge accourut, pour le combattre encore, avec plus de confiance qu'auparavant. Cette confiance fut trompée. Les Normands se défendirent avec une telle vigueur que presque toute la flotte vénitienne fut prise ou coulée à fond. Accoutumés depuis long-temps à voir rentrer leurs armées victorieuses, les Vénitiens, lorsqu'ils virent arriver les débris de celle-ci, s'en prirent au doge de leur malheur et le déposèrent[109]. C'est sous ce prince, dit-on[110], que l'église de Saint-Marc fut achevée ou rebâtie.

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