Note 92 — LIVRE II.
Reading edition
Commerce des Vénitiens dans l'Adriatique. Le commerce intérieur de l'Adriatique était lui-même une source abondante de richesses pour les Vénitiens. À la faveur des concessions du patriarche d'Aquilée et des rois d'Italie, leurs barques remontaient tous les fleuves de la Lombardie et du Frioul, pour y vendre toutes sortes de marchandises étrangères. Ils étaient accueillis dans les ports de la Pouille et de la Calabre: sur la côte orientale du golfe, ils jouissaient de quelques priviléges, achetés, il est vrai, par un tribut, mais qui n'en étaient pas moins profitables. Ils tiraient de la Dalmatie du bois à brûler, des vins, de l'huile, du chanvre, du lin, des grains de toute espèce, et des bestiaux: la côte septentrionale leur offrait du plomb, du mercure, des métaux de toute espèce, des bois de construction, des laines, des draps, des toiles, des cordages, des pelleteries, des fruits secs, et même des esclaves et des eunuques[92]. Par-tout ils s'emparaient du commerce exclusif du sel et du poisson salé, et ils répandaient, dans toutes ces contrées les marchandises de l'Orient[93].