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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 7 / 7)

Note 559 — LIVRE VII LA CHUTE DE LA MONARCHIE (1847-1848) (continued 4)

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En sortant de chez le Roi, M. Thiers se rend à l'état-major. Du plus loin qu'il l'aperçoit, le maréchal, interrompant le discours qu'il tient aux officiers: «Eh bien, mon cher Thiers, lui crie-t-il, je suis charmé de vous voir. Je suis commandant en chef, vous êtes premier ministre. À nous deux, nous allons faire de bonne besogne.—Permettez, répond M. Thiers, je ne suis pas ministre et je ne sais pas si je le serai; je suis seulement chargé de former un cabinet avec M. Barrot.» Au nom de Barrot, le maréchal fait un peu la grimace; mais il se remet aussitôt. Il parle alors de ses moyens d'action, se plaint que ses prédécesseurs lui aient laissé des troupes fatiguées avec des munitions insuffisantes[559]. Il n'en promet pas moins d'agir vigoureusement, et répète, à plusieurs reprises, avec sa rudesse de vieux soldat: «J'aurai le plaisir de tuer beaucoup de cette canaille, c'est toujours cela.» Il presse M. Thiers de courir chez ses amis et de persuader à la garde nationale de donner son concours. «Il serait sans doute très malheureux, ajoute-t-il, qu'elle ne voulût pas marcher, ou qu'elle voulût marcher contre nous. Mais, s'il en était ainsi, dites-lui bien que ce ne serait pas une raison pour me faire jeter ma langue au chat.»

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