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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 7 / 7)

Note 581 — LIVRE VII LA CHUTE DE LA MONARCHIE (1847-1848) (continued 4)

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À ce moment,—il est environ midi,—paraît M. Émile de Girardin, l'œil en feu, un carré de papier à la main. Se frayant brusquement passage à travers les rangs pressés des assistants, il va droit au Roi. «Qu'y a-t-il?» demande celui-ci. M. de Girardin répond avec beaucoup de véhémence que pas une minute n'est à perdre; que le peuple ne veut plus de M. Thiers et de M. Odilon Barrot; qu'il faut l'abdication immédiate. Il a formulé ainsi, sur le papier qu'il tient à la main, les concessions nécessaires: «Abdication du Roi, régence de la duchesse d'Orléans, dissolution de la Chambre, amnistie générale.» Le Roi interroge du regard ceux qui l'entourent. Pas un conseil d'énergie qui réponde à cette interrogation. M. de Girardin insiste; M. le duc de Montpensier l'appuie[581]; dans le fond de la salle et dans l'antichambre voisine, des voix impatientes crient: «Abdication! abdication!» Le vieux roi n'est pas de force à résister longtemps à une telle pression. Il laisse, avec accablement, tomber cette parole: «J'abdique!» Puis, tandis que diverses personnes, entre autres le duc de Montpensier, sortent dans la cour pour annoncer cette nouvelle, il se lève, ouvre la porte du salon où se trouve la Reine, et répète, d'une voix plus haute: «J'abdique!»

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