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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 7 / 7)

Note 554 — LIVRE VII LA CHUTE DE LA MONARCHIE (1847-1848) (continued 3)

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Ce dernier était à la Chambre des pairs, tandis que le Roi le faisait chercher à son hôtel; prévenu tardivement, il n'arrive aux Tuileries qu'un peu après quatre heures[554]. Louis-Philippe commence par lui exposer les faits, en atténuant la part qu'il a prise au renvoi du ministère, «Maintenant, ajoute-t-il, c'est sur vous que je compte pour former un cabinet.—Sire, répond M. Molé, je remercie le Roi de sa confiance; mais, au point où en sont les choses, je ne puis rien. Il faut reconnaître que les banquets l'emportent. C'est à ceux qui ont fait les banquets à maîtriser le mouvement. Le seul conseil que je puisse donner au Roi, c'est d'appeler MM. Barrot et Thiers.—Appeler M. Thiers! Qu'est-ce que dira l'Europe?—Eh! Sire, ce n'est pas à l'Europe qu'il faut penser en ce moment. La maison brûle. Il s'agit d'appeler ceux qui peuvent éteindre le feu.—Oui, mais pourquoi M. Thiers? M. Thiers n'a pas assisté aux banquets plus que vous.—Il les a défendus, et ses amis les ont organisés.—Laissez là M. Thiers, et dites-moi comment vous composeriez un cabinet.» Pressé par le Roi, M. Molé indique MM. Dufaure, Passy, Billault. Le nom de Bugeaud se trouvant jeté dans la conversation au sujet du ministère de la guerre, le Roi laisse voir quelque répugnance; il craint que le caractère dominant et peu traitable du maréchal n'enlève à lui et à ses fils toute action sur les nominations militaires. Enfin M. Molé quitte les Tuileries, en promettant de voir ses amis et d'essayer de constituer un cabinet.

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