Note 8 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845)
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Ce sinistre couronnement des désordres qui venaient de se produire sur tant de points du royaume, causa dans l'opinion une impression de grande tristesse. Était-on donc revenu aux jours troublés de 1832 et de 1834? «Le nombre et la coïncidence des faits qu'on a eu à déplorer, écrivait M. Rossi, ont jeté dans les esprits de vives alarmes... On se demande avec anxiété si toutes ces atteintes à la paix publique, ces luttes qui ont ensanglanté plus d'une ville et l'attentat du 13 septembre ne sont pas des manifestations de la même cause, des scènes du même drame, s'il ne faut pas y reconnaître une pensée unique, une vaste organisation, l'annonce des combats qu'on veut à tout prix livrer à la monarchie, à la propriété, à l'ordre social[8].» Au même moment, un observateur, que nous avons souvent eu l'occasion de citer, notait sur son journal intime: «Il y a beaucoup d'inquiétude dans les esprits. Sans craindre un danger immédiat pour la chose publique, on est attristé et découragé de cet état d'anarchie morale qui ne permet pas d'espérer, au moins de bien longtemps, une situation calme, forte et régulière. On s'effraye surtout des dispositions de la classe ouvrière qui, travaillée par les sociétés secrètes et espérant trouver dans un nouveau bouleversement politique les moyens de réaliser les rêves de réorganisation sociale dont on berce adroitement son envieuse misère et son avidité, forme en quelque sorte une armée toujours prête au service des conspirateurs[9].»