Note 103 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845)
Reading edition
Sans connaître ces détails, les divers partis attendaient avec curiosité la troisième journée du débat, se demandant ce qu'allait faire M. Thiers. Le discours de M. Barrot n'avait pas mis sérieusement en péril l'adoption de la loi; mais ce qui demeurait douteux et ce qui pouvait dépendre de l'attitude du chef du centre gauche, c'était le chiffre plus ou moins élevé de la majorité. Et puis, chacun sentait que les conséquences de cet incident pouvaient dépasser la loi en discussion et modifier la situation des partis. Aussi, dans la soirée, tandis qu'à gauche on envoyait une ambassade à M. Thiers pour connaître ses intentions[103], le Roi, qui suivait attentivement toutes les phases du débat, écrivait à M. Guizot: «Dieu veuille que Thiers parle demain et parle bien!» Louis-Philippe insistait d'ailleurs sur la nécessité d'en finir. «Ce qui me paraît essentiel, disait-il, c'est que vous tâchiez de tout enlever rapidement... La séance commençant à midi, si vous êtes en nombre dès le début, vous devez pouvoir prendre le pas accéléré. La Chambre est pressée; elle est française et s'animera si on lui sonne la charge; mais les troupes sont molles, quand les généraux sont timides. Grâces à Dieu, vous ne l'êtes pas, et j'attendrai la victoire avec bonne confiance[104].»