Note 51 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845)
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Telle était la situation, à l'avènement du ministère du 29 octobre. Par l'effet de tous ces avortements législatifs et pratiques, il n'y avait, au 31 décembre 1840, que 433 kilomètres de chemins de fer en exploitation[51]. Rien n'était même commencé ou seulement décidé pour la plupart des lignes principales, celles de Paris à la Belgique, de Paris à Lyon et à Marseille, de Paris à Strasbourg, d'Orléans à Nantes et à Bordeaux. La France s'était laissé devancer de beaucoup par les nations étrangères, non seulement par les États-Unis, l'Angleterre et la Belgique, mais par l'Allemagne, la Prusse et l'Autriche. «En fait de chemins de fer, nous sommes maintenant à la queue de l'Europe», disait le Journal des Débats, en octobre 1841[52]. Aussi la feuille ministérielle déclarait-elle le moment venu d'en finir avec «ces indécisions, ces pompeux manifestes aboutissant à des actes mesquins ou à des négations pures». «Il le faut, ajoutait-elle, pour que l'honneur national reste sauf et pour que la dynastie s'affermisse; il le faut pour le renom et la durée de nos institutions; il le faut pour l'ordre des rues et pour celui des intelligences.»