Note 2 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845)
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M. Jouffroy, qui n'était pourtant pas un esprit terre à terre, écrivait à M. Guizot, le 20 décembre 1841: «Que le gouvernement libre dure en France et la paix en Europe, c'est là, d'ici à bien des années, tout ce qu'il nous faut[2].» En effet, ne semblait-il pas que tels fussent l'intérêt bien entendu et le désir vrai du pays? À l'intérieur, après tant de secousses et de changements, il était avant tout nécessaire de consolider des institutions d'origine si récente, de les laisser prendre racine, de faire l'éducation d'un esprit public encore très inexpérimenté et de le guérir de l'agitation inquiète, de la mobilité stérile, fruits naturels d'une suite de révolutions. À l'extérieur, toute grande entreprise diplomatique nous était rendue singulièrement difficile par les méfiances qu'avaient éveillées en Europe les journées de Juillet: vainement, depuis lors, dix ans de sagesse avaient-ils commencé à calmer ces méfiances; les témérités étourdies du ministère du 1er mars venaient de les raviver, et le refroidissement survenu entre nous et l'Angleterre semblait rendre plus facile aux autres puissances de renouer, le cas échéant, la coalition contre la France; notre gouvernement avait avantage à gagner du temps, à attendre patiemment les effets d'une nouvelle période de sagesse; il était encore réduit, comme M. Thiers le reconnaissait déjà en 1836, à «faire du cardinal Fleury[3]».