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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 5 / 7)

Note 548 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 4)

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Si le gouvernement ne croyait pas pouvoir défendre les Jésuites, il était, cependant bien résolu à ne pas s'engager dans une de «ces luttes du pouvoir civil contre les influences religieuses», qui, suivant la parole de M. Guizot, «prennent aisément l'apparence et aboutissent souvent à la réalité de la persécution». Sur ce point, sa prudence ne parlait pas moins haut que sa justice. Rien de plus aisé que de pérorer sur les «lois du royaume» frappant la Compagnie de Jésus; rien de plus incertain, de plus difficile et de plus périlleux que de les appliquer, pour un gouvernement dont l'honneur était de ne pouvoir et de ne vouloir jamais faire acte d'arbitraire. D'ailleurs, M. Guizot savait bien que, si M. Thiers le poussait dans cette aventure, ce n'était pas avec l'espérance de l'en voir sortir; il comprenait que l'opposition lui tendait un piège où elle comptait enlever au ministère la vie et l'honneur. Ne trouverait-on donc pas quelque moyen détourné et pacifique de supprimer en quelque sorte la matière du conflit? Déjà plusieurs fois, pendant les dernières années, on avait demandé, en vain, il est vrai, aux évêques de sacrifier eux-mêmes les Jésuites. Ce que les évêques refusaient, n'y aurait-il pas chance de l'obtenir du Pape? Le gouvernement résolut de l'essayer, imitant l'exemple de la Restauration qui, lors des ordonnances de 1828, dans une situation analogue, s'était adressée à Rome pour sortir de peine[548]. Nous ne blâmons ni le procédé, ni l'intention; M. Guizot a déclaré plus tard n'avoir agi que «dans l'intérêt de la liberté d'association et d'enseignement» qui eût souffert d'une intervention directe de l'autorité civile, tandis que «porter la question devant le pouvoir spirituel, supérieur religieux des Jésuites, c'était faire appel à la liberté même et aux concessions volontaires[549]». Seulement, quand on voit tous les gouvernements, à tour de rôle, provoquer ainsi eux-mêmes la papauté à régler la conduite du clergé et des catholiques dans les affaires françaises, peut-on ensuite leur reconnaître grand droit à se plaindre de ce qu'ils appellent les progrès de l'ultramontanisme?

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