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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 5 / 7)

Note 501 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 4)

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Cette liberté d'enseignement, si nécessaire, M. de Montalembert estime qu'il ne faut pas l'attendre humblement de la bienveillance du gouvernement. «Depuis trop longtemps, dit-il, les catholiques français ont l'habitude de compter sur tout, excepté sur eux-mêmes... La liberté ne se reçoit pas, elle se conquiert.» Il sait quelles ressources on peut trouver dans les institutions dont la France est en possession; il connaît la vertu de cette atmosphère dans laquelle un monopole et une injustice ne peuvent longtemps se maintenir, la sonorité qu'ont à cette époque toute protestation et toute plainte publiques, cette logique qui s'impose aux plus réfractaires et par laquelle la liberté appelle nécessairement la liberté. Aussi engage-t-il ses coreligionnaires à se servir de ces institutions, au lieu de conserver à leur égard «une défiance absurde ou une indifférence coupable». Avec la presse, la tribune et le pétitionnement, que ne peuvent-ils pas faire? Les catholiques d'Irlande et de Belgique, voilà l'exemple qu'il ne se lasse pas de leur proposer. Il leur rappelle comment, par les seules armes de la liberté, O'Connell et Félix de Mérode ont donné à la cause religieuse des succès et une popularité jusque-là inconnus. Ou bien il leur offre encore comme modèle la ligue formidable qui vient d'être fondée par Cobden, contre les corn laws, et qui, à ce moment même, remue toute l'Angleterre. Lui aussi, il veut créer une «ligue» et soulever une «agitation». Trop souvent, dit-il, les catholiques français ont été «à la queue d'autres partis»; qu'ils constituent eux-mêmes un parti; qu'au lieu de continuer à être «catholiques après tout», ils soient «catholiques avant tout», ayant pour programme exclusif auquel tout serait subordonné, la liberté de l'enseignement. Si, à eux seuls, ils ne sont qu'une minorité, ils forment du moins presque partout l'appoint d'où dépend la majorité; qu'ils se portent du côté où l'on donnera un gage à leur cause. C'est sans doute se séparer du gouvernement et des partis existants; mais, ajoute M. de Montalembert, on ne comptera avec les catholiques que du jour où ils seront pour tous «ce qu'on appelle, en style parlementaire, un embarras sérieux[501]».

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