Note 486 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 4)
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En dénonçant d'aussi haut les dangers de l'enseignement universitaire au point de vue religieux, les évêques donnaient à la polémique catholique une direction qui ne pouvait manquer d'être suivie. Prêtres et laïques se jetèrent avec ardeur dans cette controverse, qui devint chaque jour plus passionnée. Pour quelques ouvrages de doctrine, écrits avec une convenance parfaite, tels que l'Essai sur le panthéisme, de l'abbé Maret, il y en eut beaucoup d'autres qui tenaient davantage du pamphlet. Tel fut le Monopole universitaire, destructeur de la religion et des lois, livre d'abord anonyme, très violent de forme et de fond, et qui fit alors grand tapage; plus tard, l'abbé des Garets y apposa son nom; mais il n'en était pas le véritable, ou tout au moins l'unique auteur. Quelques écrits du même goût suivirent, entre autres le Simple coup d'œil de l'abbé Védrine et le Miroir des collèges. On ne saurait mettre tout à fait sur le même rang le Mémoire à consulter de l'abbé Combalot, bien qu'il ressemblât plus à l'imprécation d'un prophète de l'ancienne loi, qu'à la discussion d'un prêtre de la nouvelle. Beaucoup de catholiques considérables n'étaient pas les derniers à déplorer le ton que prenait ainsi la polémique; de ce nombre était le P. de Ravignan, approuvé en ce point par le général de son Ordre, le P. Roothaan[486]. Mgr Affre estima même nécessaire de blâmer publiquement plusieurs de ces écrits, notamment le Monopole universitaire; il se plaignit que l'auteur «eût confondu des hommes dont il aurait dû séparer la cause, fait des citations dont l'exactitude matérielle ne garantissait pas toujours l'exactitude quant au sens, et pris un ton injurieux, ce qui était une manière fort peu chrétienne de défendre le christianisme[487]». Mais, peu de jours après, un journal qui, quoique encore contesté, commençait à prendre une réelle importance dans le monde religieux, l'Univers, publiait deux documents: le premier était une protestation dans laquelle l'abbé des Garets déclarait «ne pouvoir accepter le blâme» de l'archevêque de Paris; le second, une lettre par laquelle l'évêque de Chartres louait le pamphlet en question, critiquait la démarche de son métropolitain et croyait devoir informer le public que ce titre de métropolitain n'était qu'une «prééminence honorifique, n'entraînant point de supériorité quant à l'enseignement». Mgr Affre fut fort ému de cet incident: il en demeura, dit un de ses biographes, «pâle et défait pendant plusieurs jours».