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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 5 / 7)

Note 409 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 3)

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L'opposition française a soutenu après coup que, dans cette circonstance, notre jeune chargé d'affaires avait manqué de sang-froid et de clairvoyance, qu'il avait été la dupe de lord Aberdeen, en prenant au vrai des alarmes systématiquement exagérées, et qu'il avait cru trop facilement au danger de la guerre. Les témoignages contemporains anglais, témoignages d'autant moins suspects qu'ils ressortent de documents intimes, nullement destinés à une publicité immédiate, justifient M. de Jarnac. Lord Palmerston écrivait à son frère, le 29 août 1884: «Les esprits les plus tranquilles commencent à regarder une guerre avec la France comme un événement que toute notre prudence ne peut pas longtemps empêcher et auquel nous devons nous préparer sans délai. Dans une telle guerre, le gouvernement recevra l'appui unanime de la nation entière, et toutes les nouvelles charges qui pourront devenir nécessaires pour cet objet seront volontiers supportées[409].» Dira-t-on que lord Palmerston est suspect à cause de son animosité contre la France? Voici lady Holland, grande amie de notre pays, fort opposée pour son compte à la guerre, qui constate avec chagrin, dans une lettre à lady Palmerston, «que tout le monde, en Angleterre, est résigné à la guerre et est préparé à la supporter, fût-ce au prix de 10 pour 100 d'income tax[410]». Lord Malmesbury, après avoir rapporté dans son journal intime, toujours à la même époque, que «l'on faisait des préparatifs militaires dans tous les arsenaux», ajoutait: «Lord Canning, sous-secrétaire d'État au Foreign Office, m'avait écrit après le bombardement de Tanger que, pendant plusieurs jours, la guerre avec la France avait été imminente; l'occupation de Mogador va encore compliquer la situation[411].» Même impression recueillie dans le journal de M. Charles Greville[412]. Enfin, la reine Victoria écrivait à son cher oncle, le roi des Belges, combien elle était «affligée et effrayée du nuage menaçant qui planait sur les relations de l'Angleterre avec la France»; et plus tard, quand les affaires seront arrangées, elle écrira: «Il est nécessaire que vous et ceux qui sont à Paris sachiez combien le danger était imminent[413].»

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