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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 5 / 7)

Note 293 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 2)

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Un jour, en janvier 1842, comme les orateurs de l'opposition dénonçaient l'«abaissement», la «pusillanimité» de la politique extérieure, et reprochaient au gouvernement de Juillet de n'avoir fait aucune conquête: «Cela est faux, s'écria M. Guizot; vous êtes engagés, depuis dix ans, dans la conquête d'un grand territoire. La guerre d'Afrique est une conquête à laquelle vous travaillez tous les jours... Consultez l'Europe, consultez les connaisseurs en fait de conquête et d'agrandissement territorial; vous verrez ce qu'ils diront: ils regardent tous l'occupation de l'Afrique par la France comme un grand fait, comme un fait destiné à accroître beaucoup, un jour, son influence et son poids en Europe.» En effet, de même que la prise d'Alger avait été l'œuvre de la Restauration, la soumission de l'Algérie fut celle de la monarchie de 1830 et spécialement de ce ministère du 29 octobre, si facilement accusé de manquer de toute énergie belliqueuse. Guerre d'un caractère particulier, qu'on peut bien qualifier de grande guerre, si l'on considère l'importance des armées mises en campagne, le nombre des morts et le chiffre des dépenses[293]; mais, en même temps, guerre locale, sans contre-coup en Europe, ne mettant pas en péril la paix du monde, bien plus, impliquant l'existence et le maintien de cette paix, car le gouvernement qui n'en eût pas été assuré, aurait été étrangement téméraire de se lancer dans une pareille entreprise et, suivant l'expression du maréchal Bugeaud, de «grever, pour tant d'années, d'une aussi lourde hypothèque, son armée et ses finances[294]». «Je suis frappé, écrivait M. Guizot le 18 octobre 1842, de la nécessité d'agir en Afrique, pendant la paix de l'Europe; l'Afrique est l'affaire de nos temps de loisir[295].»

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