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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 5 / 7)

Note 201 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 2)

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Au premier mot que lui dit sur ce sujet l'ambassadeur de France, lord Aberdeen se récria: «En vérité, dit-il, je ne comprends pas une pareille déclaration; je ne vois pas en vertu de quel droit vous intervenez dans cette question; la reine d'Espagne doit rester libre de choisir le mari qu'il lui plaira; c'est une prétention exorbitante, j'allais dire contraire à la morale, que de lui imposer tel ou tel choix.—Nous ne faisons, objecta notre représentant, que rendre exclusion pour exclusion.—Nous n'excluons personne, reprit lord Aberdeen; c'est une affaire purement domestique dont nous ne voulons pas nous mêler.—Dans ce cas, je pourrai dire au gouvernement du Roi que si la reine Isabelle désire épouser son cousin le duc d'Aumale, vous ne vous y opposerez pas?—Ah! je ne dis pas; il s'agirait alors de l'équilibre de l'Europe; ce serait différent.» C'était bien le langage désiré par le prince Albert, dans l'intérêt de son cousin de Cobourg. Les pourparlers se prolongèrent, sans pouvoir faire sortir le cabinet anglais de cette attitude. À la fin, cependant, tout en persistant à nous contester un droit d'exclusion, il se montra prêt «à faire entendre à Madrid un langage de conciliation qui disposât le gouvernement actuel d'Espagne à chercher une solution propre à satisfaire tous les intérêts[201]». Bien que ces déclarations fussent très vagues, on voulut y voir, à Paris, une tendance à s'entendre avec la France, sinon sur les principes, du moins sur les personnes et sur les faits.

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