Note 132 — LIVRE V LA POLITIQUE DE PAIX (1841-1845) (continued 2)
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La session s'ouvrit le 9 janvier 1843. Le discours du trône, simple et bref, ne souleva aucune question irritante. Sans fuir la lutte, le gouvernement ne la provoquait pas. Qu'allait faire l'opposition, et tout d'abord quelle serait l'attitude de M. Thiers? Maintenant qu'il s'agissait non plus de la monarchie, mais du ministère, reprendrait-il sa place de combat à la tête des groupes de gauche? Plusieurs de ses amis l'y poussaient, entre autres M. de Rémusat et M. Duvergier de Hauranne. Il s'y refusa absolument. Sans doute, à qui voulait l'entendre, il déclarait «qu'il était toujours, plus que jamais même, de l'opposition, qu'on pouvait compter sur son vote»; mais il ne promettait qu'un vote muet, triste, boudeur; il se montrait résolu à demeurer à l'écart, immobile et silencieux, retiré en quelque sorte sous sa tente. Avec la mobilité habituelle de sa nature, il se disait las et dégoûté de ces manœuvres de parti qui, à d'autres époques, l'avaient tant passionné[132]. Pour le moment, l'intérêt de sa vie était ailleurs: il se donnait entièrement à cette histoire du Consulat et de l'Empire, dont nous l'avons déjà vu commencer les travaux préparatoires au milieu même de ses luttes parlementaires[133]. Vivant ainsi dans la compagnie de Napoléon, il se prenait pour sa personne, pour son œuvre, d'une admiration qui ne le disposait pas à l'indulgence envers les idées et les hommes de la gauche.