Note 257 — LIVRE III LA CRISE DU GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE (1836—1839)
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Lorsque le Moniteur fit connaître, le 15 avril 1837, la composition du nouveau cabinet, chacun se récria sur la témérité de M. Molé. Où était son parti dans les Chambres? Parmi ses collègues, aucun orateur de haut vol. Les journaux de pure gauche, comme le National, ou ceux de nuance doctrinaire, comme la Paix, le Journal général et le Journal de Paris, se montraient nettement hostiles; le Journal des Débats et la Presse gardaient un silence peu rassurant; les plus favorables, le Constitutionnel, le Temps, le Journal du Commerce, se bornaient à dire qu'après tout on était débarrassé de M. Guizot et de ses amis, mais ne voyaient là qu'une combinaison «provisoire». Le «petit ministère»,—c'est ainsi qu'on l'appelait,—était déclaré non viable par les docteurs. Tout au plus consentaient-ils à y voir une administration de transition à laquelle ils accordaient seulement quelques mois ou même quelques heures de durée. C'était à qui rappellerait le ridicule épisode du «ministère des trois jours». Du reste, chez tous, plus de dédain que de colère[257]. Les doctrinaires ne tarissaient pas en épigrammes hautaines, et M. Thiers, qui avait cependant aidé ce cabinet à naître, le comparait plaisamment à ces oncles qu'on ménage parce que l'on compte sur leur prochaine succession.