Note 541 — LIVRE III LA CRISE DU GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE (1836—1839) (continued 2)
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D'où venait cette exigence? Était-ce de la gauche? Personne n'y avait émis une prétention de ce genre. Interrogé à ce sujet par M. Duvergier de Hauranne, M. Barrot lui répondit: «Ma candidature à la présidence ne me paraît pas devoir être présentée comme une question de cabinet, par deux raisons: la première, parce qu'il est au moins imprudent de jeter ce défi à la Chambre; la seconde, parce qu'il résulterait d'une telle manière de formuler ma candidature, un lien de solidarité avec le nouveau ministère, que je ne suis pas plus disposé que lui à contracter[541].» La condition venait donc de M. Thiers seul. Pourquoi? Était-ce encore un revirement? Sur le point d'entrer en partage avec M. Guizot, avait-il été ressaisi par la tentation de gouverner seul? Dans son entourage, paraît-il, on lui avait beaucoup répété «qu'il passait sous le joug des doctrinaires», qu'il «s'humiliait, en faisant maintenant par force ce que, peu auparavant, il n'avait pas voulu de plein gré». On lui avait en outre fait croire que, depuis quelques jours, il se manifestait, dans la majorité, un mouvement en sa faveur. Quoi qu'il en fût, le duc de Broglie n'avait plus qu'à informer le Roi de l'échec de sa tentative. «Après tout, lui répondit Louis-Philippe, mieux vaut que chacun resté dans son camp.»