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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 1 / 7)

Note 181 — LIVRE PREMIER LE LENDEMAIN D'UNE RÉVOLUTION (juillet 1830—13 mars 1831)

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Autour de La Fayette, on traitait le Roi en personnage d'importance secondaire; on l'appelait, avec une familiarité dédaigneuse, «le citoyen que nous avons fait roi», et l'on s'étonnait qu'il ne se rendît pas mieux compte de sa propre vassalité. Une caricature du temps représentait Louis-Philippe, sa couronne à la main, et La Fayette lui disant: «Sire, couvrez-vous.» Le mot de maire du palais venait sur toutes les lèvres, et l'on opposait le «citoyen roi» au «roi citoyen». Dans un banquet donné à l'Hôtel de ville en l'honneur du général, le toast au Roi était reçu avec une froideur glaciale, pendant que le général était acclamé, et le chœur, qui chantait la Parisienne, omettait les couplets relatifs au duc d'Orléans. Personnellement, La Fayette montrait sans doute envers Louis-Philippe plus de courtoisie que ses amis; le gentilhomme démocrate n'avait pas la brutalité vulgaire d'un Dupont de l'Eure; il n'était même pas au fond sans quelque affection pour le prince. Toutefois, au besoin, il ne se gênait pas pour pousser fort loin son droit de remontrance protectrice envers celui qu'il croyait avoir sacré par son accolade[181].

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