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Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 1 / 7)

Note 152 — LIVRE PREMIER LE LENDEMAIN D'UNE RÉVOLUTION (juillet 1830—13 mars 1831)

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La Chambre des députés n'avait pas alors une influence en rapport avec le rôle prépondérant qu'elle venait de jouer. On l'eût dite épuisée par l'effort qu'elle avait fait en s'emparant du droit de créer un roi et de modifier la constitution. Bien loin d'y avoir trouvé une force, il en était résulté pour elle une sorte de fatigue, une responsabilité qui la gênait de son poids trop lourd. Cela explique la stérilité législative de cette première session. D'ailleurs, il ne restait plus grand'chose de la popularité, tout à l'heure retentissante, des 221[152]. C'est à la Chambre que les ardents s'en prenaient de toutes leurs déceptions. Ainsi faisait notamment l'organe le plus important de la gauche, le National, qui n'avait pas encore cependant déclaré la guerre au gouvernement de Juillet. Il opposait la royauté nouvelle à la Chambre, le premier de ces pouvoirs, «seul né de la révolution, n'ayant pas peur des barricades», tandis que le second continue à ressentir, «au seul nom de peuple et de liberté, ces terreurs qui ont marqué toute l'époque de la Restauration». La Chambre, ajoutait-il, «représente la France d'il y a six mois; c'est presque comme si l'on disait la France d'il y a quinze ans[153]». Il se déclarait fatigué d'entendre parler de ces «éternels 221»,—leur éternité était vieille de trois mois,—et il célébrait avec ironie la «reconnaissance» due «aux braves députés qui ont, douloureusement et tout à fait contre leur cœur, refusé leur concours à l'excellent monarque Charles X[154]». D'autres écrivains leur signifiaient «qu'appropriés aux besoins de l'opposition sous le règne de la légitimité, ils ne pouvaient plus exprimer ni les intérêts de la révolution, ni l'état intellectuel du pays, après cette immense transformation politique». «Énergie usée, capacité flétrie», Chambre «décrépite et illégitime», telles étaient les aménités réservées désormais aux triomphateurs de la veille[155]. Toute la gauche, y compris le préfet de la Seine, était unanime à demander la dissolution et des élections générales, pour avoir une Chambre «suivant l'esprit de la révolution et issue d'elle». Jusque dans le sein de l'assemblée et du haut de sa propre tribune, on contestait son droit et l'on réclamait sa dispersion[156]. Quelques-uns, dans leur impatience, pressaient le gouvernement de faire à lui seul et par ordonnance la législation électorale, oubliant probablement qu'un acte semblable leur avait paru justifier la déchéance de Charles X.

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