Note (retour) — LIVRE PREMIER
Reading edition
Pythagore croyait par-dessus tout à l'immortalité de l'âme et à l'éternité de la vie. La succession continuelle des étés et des hivers, des jours et des nuits, du sommeil et du réveil, lui expliquaient assez le phénomène de la mort. L'immortalité spéciale de l'âme humaine consistait selon lui dans la prolongation du souvenir. Il prétendait se rappeler, dit-on, ses existences antérieures, et s'il est vrai qu'il le prétendait, c'est qu'il trouvait, en effet, quelque chose de pareil dans ses réminiscences, car un tel homme n'a pu être ni un charlatan ni un fou. Mais il est probable qu'il croyait retrouver ces anciens souvenirs dans ses rêves, et l'on aura pris pour une affirmation positive ce qui n'était de sa part qu'une recherche et une hypothèse; quoi qu'il en soit, sa pensée était grande et la vie réelle de notre individualité ne consiste que dans la mémoire. Le fleuve d'oubli des anciens était la vraie image philosophique de la mort. La Bible semble donner à cette idée une sanction divine lorsqu'elle dit au livre des Psaumes: «La vie du juste sera dans l'éternité de la mémoire 6.» Imp. Caron-Delamarre, Quai de Gds. Augustins, 17, Paris.