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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 5 de 5)

Note 100 — LIVRE V. LES CONTEMPORAINS. (continued 3)

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Qu'y-a-t-il donc au-dessous de toutes ces vaines apparences? Quel est cet être immobile dont la nature n'est que la «robe changeante et vivante?» Nul ne le sait; si le cœur le devine, l'esprit ne l'aperçoit pas. «La création s'étale devant nous comme un glorieux arc-en-ciel; mais le soleil qui le fait reste derrière nous, hors de notre vue[100].» Nous n'en avons que le sentiment, nous n'en avons point l'idée. Nous sentons que cet univers est beau et terrible; «mais son essence restera toujours sans nom[101].» Nous n'avons qu'à tomber à genoux devant cette face voilée; la stupeur et l'adoration sont notre véritable attitude. «La science sans vénération est stérile, peut-être vénéneuse. L'homme qui ne peut pas vénérer, qui ne sait pas habituellement vénérer et adorer, quand il serait le président de cent Sociétés royales, et quand il porterait dans sa seule tête toute la Mécanique céleste et toute la philosophie de Hegel, et l'abrégé de tous les laboratoires et de tous les observatoires avec leurs résultats,—n'est qu'une paire de lunettes derrière laquelle il n'y a point d'yeux[102]. Vos Instituts, vos Académies des sciences luttent bravement, et, parmi les myriades d'hiéroglyphes inextricablement entassés et entrelacés, recueillent par des combinaisons adroites quelques lettres en écriture vulgaire qu'ils mettent ensemble pour en former une ou deux recettes économiques fort utiles dans la pratique[103].» Croient-ils par hasard «que la nature n'est qu'un monceau de ces sortes de recettes, quelque énorme livre de cuisine?» Ôte les écailles de tes yeux, et regarde. «Tu verras que ce sublime univers, dans la moindre de ses provinces, est, à la lettre, la cité étoilée de Dieu; qu'à travers chaque étoile, à travers vers chaque brin de gazon, surtout à travers chaque âme vivante rayonne la gloire d'un Dieu présent.—Génération après génération, l'humanité prend la forme d'un corps, et, s'élançant de la nuit cimmérienne, apparaît avec une mission du ciel. Puis l'envoyé céleste est rappelé; son vêtement de terre tombe, et bientôt devient pour les sens eux-mêmes une ombre évanouie. Ainsi, comme une artillerie céleste pleine de foudroiements et de flammes, cette mystérieuse humanité tonne et flamboie, en files grandioses, en successions rapides, à travers l'abîme inconnu. Ainsi, comme une armée d'esprits enflammés, créés par Dieu, nous sortons du vide, nous nous hâtons orageusement à travers la terre, puis nous nous replongeons dans le vide. Mais d'où venons-nous? ô Dieu, où allons-nous? Les sens ne répondent pas, la foi ne répond pas; seulement nous savons que c'est d'un mystère à un autre mystère, et de Dieu à Dieu[104].»

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