Note 273 — LIVRE IV. L'ÂGE MODERNE.
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Le premier, nouveau Cowper, avec moins de talent et plus d'idées que l'autre, fut par excellence un homme intérieur, c'est-à-dire préoccupé des intérêts de l'âme. «Que suis-je venu faire en ce monde, et pour quel emploi cette vie, telle quelle, m'a-t-elle été donnée? Suis-je juste ou non, et, par delà les démarches visibles de ma conduite, les mouvements secrets de mon cœur sont-ils conformes à la loi suprême?» Voilà, pour cette sorte d'hommes, la pensée maîtresse qui les rend sérieux, méditatifs et ordinairement tristes[273]. Ils vivent les yeux tournés vers le dedans, non pour noter et classer leurs idées, en physiologistes, mais en moralistes, pour approuver ou blâmer leurs sentiments. Ainsi comprise, la vie devient une affaire grave, d'issue incertaine, sur laquelle il faut réfléchir incessamment et avec scrupule. Ainsi compris, le monde change d'aspect: ce n'est plus une machine de rouages engrenés, comme le dit le savant, ni une magnifique plante florissante, comme le sent l'artiste: c'est l'œuvre d'un être moral étalée en spectacle devant des êtres moraux.