Note 272 — LIVRE IV. L'ÂGE MODERNE.
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Ce n'est point ici qu'il avait sa patrie, et de l'Allemagne à l'Angleterre le trajet se trouva bien long. Pendant longtemps, il parut dangereux ou ridicule. «Tout ce qu'on savait de l'Allemagne[272], c'est que c'était une vaste étendue de pays, couverte de hussards et d'éditeurs classiques; que si vous y alliez, vous verriez à Heidelberg un très-grand tonneau, et que vous pourriez vous régaler d'excellent vin du Rhin et de jambon de Westphalie.» Quant aux écrit vains, ils paraissaient bien lourds et maladroits. «Un Allemand sentimental ressemble toujours à un grand et gros boucher occupé à geindre sur un veau assassine.» Si enfin leur littérature finit par entrer, d'abord par l'attrait des drames extravagants et des ballades fantastiques, puis par la sympathie des deux nations qui, alliées contre la politique et la civilisation françaises, reconnaissent leur fraternité de langue, de religion et de cœur, la métaphysique allemande reste à la porte, incapable de renverser la barrière que l'esprit positif et la religion nationale lui opposent. On la voit qui tente le passage, dans Coleridge par exemple, théologien philosophe et poëte rêveur, qui s'efforce d'élargir le dogme officiel, et qui, sur la fin de sa vie, devenu une sorte d'oracle, essaye, dans le giron de l'Église, de démêler et de dévoiler devant quelques disciples fidèles le christianisme de l'avenir. Elle n'aboutit pas; les esprits sont trop positifs, les théologiens trop esclaves. Elle est contrainte de se transformer et de devenir anglicane, ou de se déformer et de devenir révolutionnaire, et, au lieu d'un Schiller et d'un Gœthe, de donner des Wordsworth, des Byron et des Shelley.