Note 116 — LIVRE III. L'ÂGE CLASSIQUE.
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Tel père, telle fille. Quelle ingénue que miss Hoyden! Elle gronde toute seule «d'être enfermée comme la bière dans le cellier: Heureusement qu'il me vient un mari, ou, par ma foi! j'épouserais le boulanger, oui, je l'épouserais[116]!» Quand la nourrice annonce l'arrivée du futur, elle saute de joie, elle embrasse la vieille: «Ô bon Dieu! je vais mettre une chemise à dentelles, quand je devrais pour cela être fouettée jusqu'au sang[117].» Tom vient lui-même et lui demande si elle veut être sa femme. «Monsieur, je ne désobéis jamais à mon père, excepté pour manger des groseilles vertes[118].—Mais votre père veut attendre une semaine?—Oh! une semaine! je serai une vieille femme après tant de temps que cela[119]!» Je ne puis pas traduire toutes ses réponses. Il y a un tempérament de chèvre sous ses phrases de servante. Elle épouse Tom en secret, à l'instant, et le chapelain leur souhaite beaucoup d'enfants[120]. «Par ma foi! dit-elle, de tout mon cœur! plus il y en aura, plus nous serons gais, je vous le promets, hé! nourrice[121].» Mais le vrai futur se présente, et Tom se sauve. À l'instant son parti est pris, elle dit à la nourrice et au chapelain de tenir leurs langues: «J'épouserai celui-là aussi, voilà la fin de l'histoire[122].» Elle s'en dégoûte pourtant, et assez vite; il n'est pas bien bâti, il ne lui donne guère d'argent de poche; elle hésite entre les deux, calcule: «Comment est-ce que je m'appellerais avec l'autre? mistress, mistress, mistress quoi? Comment appelle-t-on cet homme que j'ai épousé, nourrice?—Squire Fashion.—Squire Fashion! Oh bien! squire, cela vaut mieux que rien[123]. Mais mylady, cela vaut mieux encore. Est-ce que vous croyez que je l'aime, nourrice? Par ma foi! je ne me soucierai guère qu'il soit pendu quand je l'aurai épousé une bonne fois. Non, ce qui me plaît, c'est de penser au fracas que je ferai une fois à Londres; car quand je serai les deux choses, épousée et dame, par ma foi! nourrice, je me pavanerai avec les meilleures d'entre elles toutes[124].» Elle est prudente pourtant, elle sait que son père a «son fouet de chiens à la ceinture,» et «qu'il la secouera ferme.» Elle prend ses précautions en conséquence: «Dites donc, nourrice, faites attention de vous mettre entre moi et mon père, car vous savez ses tours, il me jetterait par terre d'un coup de poing[125].» Voilà la vraie sanction morale; pour un si beau naturel, il n'y en a pas d'autre, et sir Tunbelly fait bien de la tenir à l'attache, avec un régime suivi de coups de pied quotidiens[126].