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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 3 de 5)

Note 405 — LIVRE III. L'ÂGE CLASSIQUE.

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Cette puissante séve germanique crève, même chez Addison, son enveloppe classique et latine. Il a beau goûter l'art, il aime encore la nature. Son éducation, qui l'a encombré de préceptes, n'a point détruit en lui la virginité du sentiment vrai. Dans son voyage de France, il a préféré la sauvagerie de Fontainebleau à la correction de Versailles. Il s'affranchit des raffinements mondains pour louer la simplicité des vieilles ballades nationales. Il fait comprendre au public les images sublimes, les gigantesques passions, la profonde religion du Paradis perdu. Il est curieux de le voir, le compas à la main, bridé par Bossu, empêtré de raisonnements infinis et de phrases académiques, atteindre tout à coup, par la force de l'émotion naturelle, les hautes régions inexplorées où Milton est soulevé par l'inspiration de la foi et du génie. Ce n'est pas lui qui dira avec Voltaire que l'allégorie du Péché et de la Mort est bonne pour faire vomir les entrailles. Il y a en lui un fond d'imagination grandiose qui le rend insensible aux petites délicatesses de la civilisation mondaine. Il habite volontiers parmi les grandeurs et les étonnements de l'autre monde. Il est pénétré par la présence de l'invisible; il a besoin de dépasser les intérêts et les espérances de la vie mesquine où nous rampons[405]. Cette source de croyance jaillit en lui de tous côtés; en vain elle est enfermée dans le conduit régulier du dogme officiel; les textes, les arguments dont elle se couvre laissent voir sa véritable origine. Elle part de l'imagination sérieuse et féconde qui ne peut se contenter que par la vue de l'au delà.

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