Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE
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Après la fuite des Arabes, la révolte s'était répandue de nouveau chez les Berbères: les Aoureba étaient détruits, et chaque tribu prétendait imposer son chef aux autres; de là des luttes interminables. Dans les derniers temps une sorte d'apaisement s'était produit et les indigènes de l'Ifrikiya avaient reconnu l'autorité d'une femme Dihia ou Damïa, fille de Tabeta, fils d'Enfak, reine des Djeraoua (Zénètes) de l'Aourès. Cette femme remarquable appartenait, dit El-Kaïrouani, à une des plus nobles familles berbères ayant régné en Afrique. «Elle avait trois fils, héritiers du commandement de la tribu et, comme elle les avait élevés sous ses yeux, elle les dirigeait à sa fantaisie et gouvernait, par leur intermédiaire, toute la tribu. Sachant par divination la tournure que chaque affaire importante devait prendre, elle avait fini par obtenir, pour elle-même, le commandement 328.» Cette prétendue faculté de divination fit donner à Dihia, par les Arabes, le surnom d'El-Kahéna, (la devineresse). Sa tribu était juive, ainsi que l'affirme Ibn-Khaldoun 329, et il est possible que ce nom de Kahéna, que les Musulmans lui appliquaient, avec un certain mépris, ait été, au contraire, parmi les siens, une qualité quasi-sacerdotale.