Note 245 — LIVRE II LES ALLEMANDS
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La règle de saint Colomban, opposée en ceci à la règle de saint Benoît, ne prescrit pas l'obligation d'un travail régulier; elle assujettit le moine à un nombre énorme de prières. En général, elle ne porte pas cette empreinte d'esprit positif qui distingue l'autre à un si haut degré. Elle prescrit de même l'obéissance, mais elle ne laisse pas les peines à l'arbitraire de l'abbé; elle les indique d'avance pour chaque délit avec une minutieuse et bizarre précision. Dans cet étrange code pénal, bien des choses scandalisent le lecteur moderne. «Un an de pénitence pour le moine qui a perdu une hostie; pour le moine qui a failli avec une femme, deux jours au pain et à l'eau, un jour seulement s'il ignorait que ce fût une faute.» En général, la tendance est mystique; le législateur a plus égard aux pensées qu'aux actes.—«La chasteté du moine[245], dit-il, s'estime par ses pensées: que sert qu'il soit vierge de corps, s'il ne l'est pas d'esprit?»