Note 369 — LIVRE IV
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La position de ce roi de la conquête était extraordinairement critique et violente. Cette société nouvelle, bâtie de meurtres et de vols, elle se maintenait par lui; en lui elle avait son unité. C'est à lui que remontait ce sourd concert de malédictions, d'imprécations à voix basse. C'est pour lui que le banni saxon, dans la Forêt nouvelle[369], où le poursuivait le shériff, gardait sa meilleure flèche; les forêts ne valaient rien pour les rois normands. C'est contre lui, tout autant que contre les Saxons, que le baron se faisait bâtir ces gigantesques châteaux, dont l'insolente beauté atteste encore combien peu on y a plaint la sueur de l'homme. Ce roi si détesté ne pouvait manquer d'être un tyran. Aux Saxons il lançait des lois terribles, sans mesure et sans pitié. Contre les Normands, il y fallait plus de précautions; il appelait sans cesse des soldats du continent, des Flamands, des Bretons; gens à lui, d'autant plus redoutables à l'aristocratie normande, qu'ils se rapprochaient par la langue, les Flamands des Saxons, les Bretons des Gallois. Plusieurs fois il n'hésita pas à se servir des Saxons eux-mêmes[370]. Mais il y renonçait bientôt. Il n'eut pu devenir le roi des Saxons qu'en renversant tout l'ouvrage de la conquête.